Le Brésil attire un nombre croissant d’entrepreneurs, d’investisseurs et de retraités français, séduits par son marché, son immobilier et son cadre de vie. Mais s’y installer et y investir suppose de composer avec deux systèmes juridiques et fiscaux à la fois. Voici les repères essentiels — visa, immobilier, société et fiscalité — et pourquoi un accompagnement franco-brésilien évite les mauvaises surprises.
Quel titre de séjour pour s’installer au Brésil ?
Le Brésil offre plusieurs voies de résidence, à choisir selon le profil et le projet.
Résidence par investissement dans une entreprise. Un investissement d’au moins 500 000 R$ dans une société brésilienne, assorti d’un plan d’affaires démontrant la création d’emplois ou de revenus, ouvre droit à une autorisation de résidence (Résolution Normative CNIg n° 13/2017, actualisée par la RN CNIG/MJSP n° 49/2024). Le seuil descend à 150 000 R$ pour les projets d’innovation, de recherche ou de technologie.
Résidence par investissement immobilier. L’acquisition d’un bien urbain d’une valeur d’au moins 1 000 000 R$ — ou 700 000 R$ dans les régions Nord et Nord-Est — permet d’obtenir une résidence de quatre ans (RN n° 36/2018, modifiée par la RN n° 46/2021). Plusieurs biens peuvent être cumulés pour atteindre le seuil.
Retraité ou rentier. Le retraité ou le bénéficiaire d’une pension justifiant d’un transfert mensuel d’au moins 2 000 USD vers le Brésil peut obtenir un visa temporaire et une résidence (VITEM XIV, RN n° 40/2019).
Dans tous les cas, le CPF — le numéro d’identification fiscale brésilien — est indispensable pour toute opération bancaire, immobilière ou sociale.
Un étranger peut-il acheter un bien immobilier au Brésil ?
L’immobilier urbain : librement accessible. L’acquisition d’un bien urbain par un étranger ne fait l’objet d’aucune restriction particulière : il suffit d’un CPF, d’un passeport et des documents d’état civil apostillés, puis de l’enregistrement de l’acte au registre foncier (cartório de registro de imóveis).
L’immobilier rural et les zones sensibles : vigilance. L’achat de terres rurales est encadré par la loi n° 5.709/1971 : plafond exprimé en modules fiscaux, limite de 25 % de la superficie d’une commune, autorisation de l’INCRA dans certains cas. En avril 2026, le Tribunal fédéral suprême (STF) a confirmé la validité de ces restrictions. Les biens situés en zone de frontière ou sur les terrains de marine exigent en outre l’assentiment préalable du Conseil de défense nationale (loi n° 6.634/1979). Ces opérations imposent un audit juridique préalable.
Faut-il créer une société ou une holding pour investir ?
Selon le projet, l’investisseur ouvre une société brésilienne (CNPJ), dont un étranger peut être associé, éventuellement détenue via une holding pour organiser la gouvernance, la fiscalité et la transmission. Point crucial : tout capital étranger apporté doit être enregistré auprès de la Banque centrale du Brésil (registre RDE-IED, module SCE-IED). Cet enregistrement conditionne le rapatriement futur des dividendes et des plus-values. Le choix entre une holding en France ou au Brésil se décide au regard de la fiscalité, des flux de dividendes et de la succession — c’est l’un des arbitrages les plus structurants du dossier.
Comment gérer sa fiscalité entre la France et le Brésil ?
Devenir résident fiscal brésilien. En obtenant une résidence permanente ou en séjournant plus de 183 jours, on devient résident fiscal brésilien : les revenus mondiaux deviennent imposables au Brésil, ce qui suppose une déclaration d’entrée (declaração de entrada).
La loi 14.754/2023 sur les structures à l’étranger. Depuis 2024, les résidents brésiliens sont imposés (au taux de 15 %) sur les bénéfices de leurs sociétés contrôlées à l’étranger, qu’ils soient distribués ou non. Conserver une structure en France ou en Europe après l’installation au Brésil doit donc être anticipé.
Éviter la double imposition — et anticiper la sortie de France. La convention fiscale franco-brésilienne (décret n° 70.506/1972) élimine la double imposition par un mécanisme de crédit d’impôt. Côté français, le départ peut déclencher l’exit tax (art. 167 bis du CGI) sur les plus-values latentes des participations significatives : le séquencement entre la cession, la structuration et le transfert de résidence est déterminant pour l’optimiser.
Pourquoi un accompagnement franco-brésilien ?
Aucun de ces leviers ne se traite isolément : le visa, l’immobilier, la société, la fiscalité des deux pays et la transmission forment un seul et même dossier. Peu de praticiens maîtrisent les deux droits à la fois — c’est précisément là que se jouent les économies et la sécurité juridique. Cabinet à double ancrage France–Brésil, Alves Fernandes Avocats coordonne l’ensemble de l’opération et ses partenaires techniques dans les deux pays. Pour évaluer votre projet d’installation ou d’investissement au Brésil, contactez le Cabinet Alves Fernandes Avocats.

