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S'installer au Brésil

Existe-t-il un visa « retraité » pour s'installer au Brésil ?

Oui. Le Brésil délivre un visa temporaire (VITEM XIV) aux retraités et pensionnés qui transfèrent au moins 2 000 dollars par mois. Résidence initiale de deux ans, renouvelable.

Oui. Le Brésil prévoit un visa temporaire réservé aux retraités et aux pensionnés, le VITEM XIV « aposentadoria ou pensão », encadré par la résolution normative n° 40 du Conseil national de l'immigration (CNIg) du 2 octobre 2019. La condition centrale est financière : justifier du transfert mensuel au Brésil d'au moins 2 000 dollars américains provenant d'une retraite ou d'une pension. Le visa ouvre une autorisation de résidence initiale de deux ans, renouvelable. Ce que la plupart des candidats découvrent trop tard, c'est la seconde moitié de la question : ce visa change aussi le pays où leur retraite est imposée.

Les conditions du visa retraité (VITEM XIV)

Le visa est demandé auprès du consulat du Brésil compétent, avant le départ. Les pages consulaires en vigueur demandent, outre le formulaire et le passeport : la preuve de la qualité de retraité ou de pensionné et du montant transféré (au moins 2 000 USD par mois), une assurance santé valable au Brésil, un extrait de casier judiciaire et les pièces d'état civil usuelles. Le montant de 2 000 dollars est un plancher par demandeur ; les personnes à charge font l'objet de règles propres qu'il faut vérifier au cas par cas.

À l'arrivée, le titulaire s'enregistre auprès de la Police fédérale pour obtenir sa carte de résident (CRNM). L'autorisation de résidence vaut deux ans et peut être renouvelée si les conditions sont maintenues.

Le point que tout le monde oublie : la fiscalité de la retraite

Le visa retraité est un visa temporaire sans lien d'emploi au Brésil. Selon les règles brésiliennes (instruction normative SRF 208/2002), son titulaire devient en règle générale résident fiscal du Brésil le jour où il totalise 184 jours de présence sur une période de douze mois, ou plus tôt selon la modalité exacte de l'autorisation obtenue. À partir de ce moment, il est imposable au Brésil sur ses revenus mondiaux.

Pour un retraité français, la conséquence est directe. La convention fiscale franco-brésilienne du 10 septembre 1971 attribue l'imposition des pensions privées (régimes de base et complémentaires du secteur privé, rentes) à l'État de résidence du bénéficiaire (article 18). Une fois résident du Brésil, la pension privée française est donc imposée au Brésil, selon le barème progressif brésilien qui monte jusqu'à 27,5 %, et cesse en principe de l'être en France. Les pensions publiques suivent une autre règle : elles restent imposables dans l'État qui les paie, sauf lorsque le bénéficiaire possède la nationalité de l'autre État (article XIX). Un retraité de la fonction publique française qui a aussi la nationalité brésilienne bascule ainsi vers l'imposition au Brésil.

Côté français, le départ suppose de sortir de la résidence fiscale française au sens de l'article 4 B du code général des impôts. Si le conjoint ou les enfants restent en France, le « foyer » y demeure et la France peut continuer à considérer la personne comme résidente ; la question est alors tranchée par les critères successifs de la convention (voir la question sur les 183 jours).

Les autres voies possibles

Le visa retraité n'est pas la seule porte. Un projet immobilier peut relever de l'autorisation de résidence pour investisseur immobilier (résolution normative n° 36/2018 modifiée) : acquisition d'un bien urbain d'au moins 1 000 000 de reais, résidence initiale de quatre ans, avec des règles précises sur l'origine des fonds. Un retraité qui conserve une activité à distance peut aussi regarder du côté du visa de nomade numérique. Le bon choix dépend du calendrier de départ, de la composition des revenus et de la situation familiale, pas seulement du montant de la pension.

Ce qu'il faut vérifier avant d'agir

  • La modalité exacte de votre retraite (privée ou publique) et votre nationalité : elles déterminent le pays d'imposition selon la convention de 1971.
  • La date à laquelle vous deviendrez résident fiscal du Brésil (règle des 184 jours) et l'année de bascule côté français : une simulation avant le départ évite les mauvaises surprises.
  • Le lieu de résidence du conjoint et des enfants : s'ils restent en France, le foyer fiscal y reste.
  • Les pièces consulaires en vigueur au moment de la demande (preuve du transfert mensuel, assurance santé, casier) : les listes évoluent.

Le cabinet accompagne les Français qui préparent leur installation au Brésil, du choix du visa à la fiscalité du départ, en français et en portugais, à Paris ou à distance. La consultation pose le diagnostic et la feuille de route ; son montant est déduit des honoraires si vous nous confiez ensuite le dossier.

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Questions liées

Sources officielles

  • Résolution normative CNIg n° 40 du 2 octobre 2019 (visa temporaire pour retraité ou pensionné), portaldeimigracao.mj.gov.br, et pages consulaires du ministère brésilien des Relations extérieures (gov.br/mre), consultées le 5 septembre 2026
  • Instruction normative SRF n° 208/2002, article 2 (acquisition de la résidence fiscale brésilienne), normas.receita.fazenda.gov.br
  • Convention fiscale entre la France et le Brésil du 10 septembre 1971, articles IV, XVIII et XIX ; commentaires BOFiP BOI-INT-CVB-BRA (version du 17 juillet 2024)
  • Code général des impôts, article 4 B (version en vigueur depuis le 16 février 2025), Légifrance
  • Résolution normative CNIg n° 36/2018 modifiée par les résolutions n° 46/2021 et n° 49/2024 (investisseur immobilier), gov.br/mj

Information générale à jour au 18 octobre 2026. Cette page présente une information générale. Elle ne constitue pas une consultation et ne remplace pas l'analyse d'une situation précise par un avocat.