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EES et ETIAS 2026 : ce qui change pour les voyageurs brésiliens

Depuis le 10 avril 2026, le système européen d’entrée et de sortie (EES) est pleinement opérationnel aux frontières extérieures de l’espace Schengen. Et au dernier trimestre 2026, une nouvelle autorisation de voyage — l’ETIAS — deviendra progressivement obligatoire pour les ressortissants exemptés de visa, dont les Brésiliens. Ces deux réformes transforment en profondeur les conditions d’entrée en France et dans l’Union européenne. Voici ce que tout voyageur brésilien doit savoir.

L’EES : la fin du tampon sur le passeport

L’EES (Entry/Exit System) est une base de données européenne dans laquelle les 29 pays de l’espace Schengen enregistrent les données des ressortissants de pays tiers franchissant leurs frontières extérieures. Déployé progressivement depuis le 12 octobre 2025, il est pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026.

Concrètement, l’EES remplace le tampon manuel apposé sur le passeport par un enregistrement électronique de chaque entrée et de chaque sortie. Le système collecte les données du document de voyage (nom, date de naissance, nationalité, numéro de passeport), le lieu, la date et l’heure de chaque franchissement de frontière, ainsi que des données biométriques : image faciale et, sauf pour les enfants de moins de 12 ans, empreintes digitales.

Qui est concerné par l’EES ?

Tous les ressortissants de pays non membres de l’UE et de l’espace Schengen — qu’ils soient soumis à visa ou non — entrant pour un court séjour, c’est-à-dire un maximum de 90 jours sur toute période de 180 jours. Les voyageurs brésiliens, bien qu’exemptés de visa de court séjour, sont donc pleinement concernés.

En revanche, les titulaires d’un visa de long séjour ou d’un titre de séjour ne sont pas enregistrés dans l’EES. Les résidents brésiliens en France munis d’un titre de séjour en cours de validité continuent de circuler sans enregistrement biométrique dans ce système.

Le décompte des 90 jours devient automatique et infaillible

C’est la conséquence juridique majeure de l’EES pour les voyageurs brésiliens. Jusqu’ici, le contrôle de la durée de séjour reposait sur la lecture des tampons apposés sur le passeport — un contrôle par nature imparfait. Désormais, le calcul de la règle des 90 jours sur 180 est effectué électroniquement, à chaque franchissement de frontière.

Tout dépassement de la durée autorisée (« overstay ») est automatiquement détecté et signalé dans le système. Les conséquences peuvent être sérieuses : refus d’entrée lors d’un prochain voyage, signalement aux autorités compétentes, et fragilisation de toute demande ultérieure de visa, de titre de séjour ou de naturalisation. Pour les Brésiliens qui multiplient les allers-retours entre le Brésil et l’Europe — pour des raisons familiales, professionnelles ou touristiques — une comptabilité rigoureuse des jours de présence dans l’espace Schengen devient indispensable.

ETIAS : l’autorisation de voyage attendue fin 2026

L’ETIAS (European Travel Information and Authorisation System) est une autorisation de voyage électronique — et non un visa — comparable à l’ESTA américain. Son entrée en service est actuellement prévue pour le dernier trimestre 2026, avec une période transitoire pendant laquelle les voyageurs sans autorisation pourront encore entrer s’ils remplissent les autres conditions d’entrée.

L’ETIAS concernera les ressortissants des 59 pays exemptés de visa de court séjour, dont le Brésil. La demande se fera en ligne avant le voyage, moyennant une taxe de 20 euros. L’autorisation sera en principe délivrée dans un délai maximal de 96 heures, sauf vérifications complémentaires. Elle sera valable pour des entrées multiples pendant 3 ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport utilisé pour la demande.

Qui sera exempté de la taxe ETIAS ?

Les mineurs de moins de 18 ans et les personnes de plus de 70 ans ne paieront pas la taxe de 20 euros. Il en va de même pour les membres de famille de citoyens européens bénéficiant du droit à la libre circulation — une exemption particulièrement pertinente pour les nombreuses familles franco-brésiliennes.

Attention aux fraudes : aucun site ne délivre actuellement d’autorisation ETIAS. Le seul portail officiel sera celui de l’Union européenne (travel-europe.europa.eu). Méfiez-vous des sites intermédiaires qui facturent des frais indus ou collectent vos données personnelles.

Comment se préparer ? Les bons réflexes juridiques

Pour un court séjour, aucune démarche préalable n’est requise au titre de l’EES : l’enregistrement s’effectue à la frontière. Il convient toutefois de prévoir un temps de passage plus long lors du premier enregistrement biométrique et de tenir un décompte précis de ses jours de présence dans l’espace Schengen.

Pour les voyageurs qui envisagent un séjour de plus de 90 jours — études, activité professionnelle, regroupement familial, investissement — la seule voie légale demeure le visa de long séjour, sollicité auprès du consulat de France avant le départ. Tenter de contourner la règle des 90 jours par des sorties et entrées successives n’est plus une option : l’EES rend cette pratique immédiatement détectable, avec des conséquences durables sur tout projet d’installation en France.

Enfin, les Brésiliens résidant déjà en France doivent veiller à la validité de leur titre de séjour lors de leurs voyages internationaux : un titre expiré au moment du retour peut entraîner des complications administratives sérieuses à la frontière.

Conclusion

L’EES et l’ETIAS marquent un changement d’ère : la frontière européenne devient numérique, et la règle des 90 jours sur 180 est désormais appliquée avec une précision informatique. Pour les voyageurs et investisseurs brésiliens, l’anticipation juridique devient la clé d’une mobilité sereine entre le Brésil et la France.

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Sources officielles : Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (diplomatie.gouv.fr, avril 2026) ; travel-europe.europa.eu ; service-public.gouv.fr.