Oui, et sans y résider : un Français peut être associé, y compris majoritaire, d'une société brésilienne, le plus souvent une sociedade limitada. Il lui faut un numéro fiscal (CPF), un mandataire résidant au Brésil pour le représenter auprès du registre du commerce, et l'enregistrement du capital étranger auprès de la Banque centrale. L'ordre des étapes compte plus que l'idée : le régime simplifié d'imposition, le Simples Nacional, est fermé aux sociétés dont un associé est domicilié à l'étranger, et un investissement d'au moins 500 000 reais en devises peut fonder une autorisation de résidence d'investisseur. Le statut français de micro-entrepreneur, lui, ne se transporte pas.
Être associé sans résider
La société brésilienne la plus courante pour un projet de taille humaine est la limitada, à un ou plusieurs associés. L'associé qui réside à l'étranger obtient un CPF, désigne un mandataire domicilié au Brésil avec pouvoir de le représenter et de recevoir les citations, et fait enregistrer son apport comme capital étranger auprès de la Banque centrale, dans le cadre de la loi n° 14.286/2021 sur les capitaux étrangers. L'entreprise reçoit son numéro CNPJ et ses inscriptions fiscales locales. La gestion quotidienne est confiée à un administrateur, qui peut être l'associé lui-même s'il réside au Brésil ou un tiers.
L'ordre des étapes décide du régime fiscal
Le Simples Nacional, régime simplifié réservé aux petites entreprises, interdit la participation d'un associé domicilié à l'étranger (loi complémentaire n° 123/2006). Le critère est le domicile fiscal, pas la nationalité : un Français déjà résident fiscal du Brésil peut y accéder, un Français resté en France non. Créer la société avant de s'installer ferme donc la porte du Simples jusqu'au déménagement de l'associé ; la créer après l'ouvre. Hors Simples, les régimes du bénéfice présumé ou réel s'appliquent, avec une charge et des obligations différentes.
La distribution des bénéfices a changé au 1er janvier 2026 (loi n° 15.270/2025). Les dividendes versés à un associé résidant à l'étranger supportent une retenue à la source de 10 %, dans la limite de 15 % prévue par la convention de 1971 ; côté français, l'impôt est dû avec crédit. Pour un associé devenu résident du Brésil, les dividendes sont exonérés jusqu'à 50 000 reais par mois et par société, puis imposés à 10 %, avec une imposition minimale pour les hauts revenus.
L'investissement qui ouvre une résidence
La résolution normative n° 13/2017 du Conseil national de l'immigration, dans sa rédaction issue de la résolution n° 49/2024, permet une autorisation de résidence à l'investisseur qui apporte au moins 500 000 reais en devises à une société brésilienne dont il est associé, avec un capital étranger dûment enregistré et un plan d'investissement dont l'exécution conditionne le maintien du titre. La résidence est accordée pour une durée indéterminée. Le seuil est abaissé à 150 000 reais pour les projets d'innovation et de recherche. La demande peut être déposée depuis l'étranger ou depuis le Brésil. Point décisif : il faut de l'argent nouveau, entré par le change ; un patrimoine déjà au Brésil ne remplit pas la condition.
Ce qui ne se transporte pas
Le statut français de micro-entrepreneur exige la domiciliation de l'activité et la résidence fiscale en France. Celui qui quitte la France doit clôturer son activité avant le départ et créer une structure locale ; conserver la micro-entreprise « pour continuer à facturer » maintient, aux yeux de l'administration, des attaches en France qui contredisent le changement de résidence. De même, une société française dont le dirigeant travaille depuis le Brésil pose la question de l'établissement stable, qui s'analyse au cas par cas.
Ce qu'il faut vérifier avant d'agir
- Votre calendrier d'installation : avant ou après la création, il change l'accès au Simples Nacional.
- L'origine et le circuit des fonds apportés : enregistrement du capital étranger et, pour la résidence d'investisseur, entrée par le change.
- Votre statut en France : micro-entreprise à clôturer, société dont l'exit tax et l'établissement stable sont à examiner.
- Le choix de l'administrateur et du mandataire au Brésil, et leurs pouvoirs.
Le cabinet accompagne les entrepreneurs français au Brésil : choix de la structure, ordre des étapes, enregistrement du capital, fiscalité des dividendes dans les deux pays et, le cas échéant, autorisation de résidence d'investisseur, avec des partenaires comptables locaux. La consultation établit le diagnostic et la feuille de route ; son montant est déduit des honoraires si vous nous confiez ensuite le dossier.
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Questions liées
- Que devient ma fiscalité française quand je m'installe au Brésil ?
- Les 183 jours suffisent-ils pour changer de résidence fiscale entre la France et le Brésil ?
Sources officielles
- Loi complémentaire n° 123/2006 (Simples Nacional, interdiction de l'associé domicilié à l'étranger), Planalto, vérifiée le 24 août 2026
- Loi n° 15.270 du 26 novembre 2025 (imposition des dividendes à compter du 1er janvier 2026), vérifiée le 26 août 2026 ; convention fiscale France – Brésil de 1971, article 10
- Résolution normative CNIg n° 13/2017 dans sa rédaction issue de la RN n° 49/2024 (investisseur en société), gov.br/mj, vérifiée le 26 août et le 4 septembre 2026
- Loi n° 14.286/2021 (marché des changes et capitaux étrangers), Planalto
- Statut de micro-entrepreneur et résidence fiscale : règles vérifiées le 24 août 2026 (guichet unique de l'INPI, impots.gouv.fr)
Information générale à jour au 18 octobre 2026. Cette page présente une information générale. Elle ne constitue pas une consultation et ne remplace pas l'analyse d'une situation précise par un avocat.